Abstract
Des asymétries d'information dans le monde de la traduction – et comment y remédier
La traduction a longtemps eu la réputation d’être une activité (il ne s’agissait pas encore d’une profession) de solitaire. Les traducteurs étaient vus, et c’est même un classique de l’iconographie chrétienne, comme travaillant retirés du monde, désert ou chambre isolée, concentrés sur la tâche qui consistait à extraire le sens ou le message d’un texte original, avec pour seule aide quelques grimoires, et éventuellement l’inspiration divine, qui leur parvenait d’une haute fenêtre. Tous les traducteurs d’aujourd’hui savent bien qu’il n’en est rien, et ceux qui ont étudié l’histoire de la traduction savent également qu’il n’en a jamais été ainsi : même saint Jérôme travaillait entouré d’assistants. Ce qui lui fut d’ailleurs fort utile lorsqu’il commença à perdre la vue. La traduction, en tout cas la traduction pragmatique, et les métiers qui en relèvent est une opération de communication, et ne se conçoit qu’en réseaux. D’où d’ailleurs l’existence de multiples associations, regroupements et lieux d’échange : c'est la fonction d'une revue comme celle que le lecteur a sous les yeux.
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