No 95 (2019): Sécularisation – Laïcité – Confessionnalisme
Sécularisation – Laïcité – Confessionnalisme

Le présent numéro, composé en collaboration, avec l’ONG « L’Atelier » s’intéresse à la laïcité.
Conscient des difficultés que tout débat sur l’articulation du religieux et du politique comporte, Philippe Gaudin n’en demeure pas moins convaincu des vertus propres au modèle français et de son universalité tout en reconnaissant que ce modèle demeure actuellement objet de débat. Un modèle contesté par Antoine Messara qui dans son article «Laïcité au Liban : retrouver la boussole égarée», discute la laïcité à partir de la réalité libanaise.
Par son « Dépassement de la dialectique laïcité v/s confessionnalisme », Guillaume De Vaulx se situe, dans une position intermédiaire entre Gaudin et Messarra. Comment dépasser le moment de la contradiction dialectique, voire du face-à-face polémogène de coexistence des pluralités de croyances tels qu’ils se trouvent incarnés dans les deux modèles antinomiques que constituent le Liban confessionnel et la France laïque ?
Nada Nassar Chaoul quant à elle, se penche sur une situation concrète et pratique: celle du mariage civil conclu au Liban et de son statut en droit positif libanais. Son article illustre, par l’exemple, les difficultés et les contradictions que les exposés théoriques précédents dégagent.
Le système confessionnel libanais serait-il, dès lors, cadenassé ? L’article de Pierre Gannagé, (disparu récemment), pose la question de savoir si l’État libanais est laïque. Défendant la liberté de conscience, il distingue, d’un côté, une laïcité protectrice des communautés et, de l’autre, une laïcité transcendant ces mêmes communautés.
En marge de la thématique, Stéphane Malsagne raconte le parcours exceptionnel d’Ahmad Daouk, figure de l’indépendance du Liban l’incarnation d’une certaine « libanité » empreinte de l’urbanité levantine et du cosmopolitisme méditerranéen. L’article de Christophe Georges Khadige brosse l’histoire de la pénétration de la Franc-Maçonnerie dans l’Orient Ottoman et les pays du Levant. Un article de Raphaël Dufour présente l’œuvre d’Andreas Calvos, poète grec du XVIIIème siècle.
Enfin, deux articles de la section « Divers » clôturent notre numéro comme « échos du Maghreb Arabe ». Celui d’Anis Cherif Alami raconte l’épopée héroïque de l’action estudiantine marocaine, et celui de Federica Zoja, journaliste italienne spécialiste de l’Afrique du Nord, revient sur la révolution du jasmin en Tunisie. Son article, rédigé avant le décès du président Essebsi et le scrutin présidentiel anticipé, permet néanmoins de comprendre les différentes lames de fond qui secouent l’opinion publique tunisienne.