Résumé
La révolution égyptienne de 2011 constitue une étape charnière dans la reconfiguration de l’individualité, de l’autonomie et des formes d’expression de soi au sein de la société égyptienne. En remettant en cause des cadres collectivistes profondément ancrés, ce moment a initié de nouveaux espaces d’agentivité individuelle et de réflexion subjective. Cet article examine la manière dont ces transformations s’articulent avec l’essor du cinéma documentaire à la première personne, envisagé comme un médium privilégié de l’expression des subjectivités postrévolutionnaires en Égypte.
En se concentrant sur The Past Will Return (2015) de Dina Hamza, Happily Ever After (2016) de Nada Riyadh et Ayman El Amir, ainsi que Little Eagles (2016) de Mohamed Rashad, l’article analyse la manière dont les cinéastes négocient les tensions entre désirs personnels, pressions familiales et appartenances collectives dans l’après-2011. À partir d’analyses textuelles et formelles rapprochées, il interroge les notions d’autonomie, d’agentivité et la place de l’individu face au collectif dans le cinéma documentaire à la première personne postrévolutionnaire. L’article soutient que ce genre cinématographique ne se contente pas de refléter les transformations postrévolutionnaires, mais participe activement à la reconfiguration des subjectivités en instituant l’expérience personnelle et l’autoréflexivité comme modes politiques et esthétiques pleinement légitimes.
