Résumé
Dans un contexte de plus en plus façonné par les usages de l’IA générative, cet article pose la question de savoir si la créativité restera une compétence clé pour les traducteurs de demain. À rebours de conceptions mettant en avant la seule créativité en traduction, nous considérons ici la créativité comme compétence transversale liée à un certain nombre de fonctions sociales. Nous faisons l’hypothèse que si le développement de compétences créatives se fait en lien avec les compétences techniques, et accompagne une réflexion critique sur celle-ci, il pourrait constituer l’un des chaînons manquants de nos formations actuelles, et aider les traductaires de demain à se positionner dans des environnements professionnels changeants.
La recherche présentée ici a été menée dans le cadre d’un cours d’introduction à la traduction automatique à l’Université Grenoble Alpes (UGA). À partir d’une tâche créative donnée aux étudiant.es de première année du Master de Traduction spécialisée multilingue (TSM), nous analysons leur rapport aux outils technologiques. Nous montrons que la tâche permet d’aborder les composantes émotionnelles du rapport aux outils technologiques en même temps que de construire des projections critiques, le plus souvent optimistes, sur les liens qu’entretiennent les traductaires avec ce qu’il est convenu d’appeler le progrès technologique.
