Résumé
La revue de l’Institut catholique de Paris célèbre l’anniversaire du « premier Concile œcuménique » dans son 173e numéro en lui consacrant, sous la coordination de Christophe Chalamet et de Vincent Holzer, un dossier intitulé Réceptions historiques, théologiques et prospectives dans lequel six auteurs mettent en résonnance le concile de Nicée et la réflexion contemporaine.
Dans un roboratif liminaire, le vice-recteur à la recherche de l’Institut, V. Holzer souligne l’ambivalente et continuée fécondité de l’évènement épistémologique en quoi a consisté l’option nicéenne d’exprimer le mystère trinitaire en unissant l’un, l’être et le multiple grecs, dans une tension assomptive et sur-catégoriale. En conclusion de son propos, l’auteur identifie l’affirmation de la koinônia dans l’ousia trinitaire comme l’expression la plus achevée de l’ascendance conceptuelle du mystère chrétien sur l’arrière-plan catégoriel néoplatonicien à partir duquel les Pères cherchent à l’exprimer.
Dans son article « Foi, pouvoir et politique, l’héritage de Nicée », Gregor Emmenegger retrace le tournant ambivalent qu’a constitué, pour l’Église du IVe siècle, le passage de la persécution à la reconnaissance et dont Nicée constitue un jalon. L’auteur passe ensuite en revue les fluctuations du positionnement de l’Église face à l’Empire, soulignant que, préservée par la subtilité évangélique servie par les écrits des Pères, elle s’est gardée de devenir tout à fait l’Église impériale qu’elle aurait pu être en Orient et l’Empire ecclésiastique que l’affaiblissement et la chute romaine rendait possible en Occident.
[...]
