Résumé
Cet article analyse la réception de la constitution dogmatique Lumen gentium (Vatican II) dans le Synode patriarcal maronite (SPM, 2003-2006). À partir de la catégorie théologique de « réception », définie par Congar et Corbon, l’auteur examine dans quelle mesure le SPM a intégré l’ecclésiologie de communion conciliaire, notamment la notion de « Peuple de Dieu » et le rôle actif des christifideles. L’analyse révèle une réception à la fois réelle et inachevée : le SPM marque des avancées significatives vers une ecclésiologie participative, une ouverture œcuménique et une reconnaissance de la diaspora. Toutefois, des lacunes structurelles demeurent : prédominance de la logique hiérarchique, déficit d’ecclésiologie baptismale et pneumatologique, et relégation des laïcs à un rôle consultatif. L’article propose une feuille de route pour une synodalité maronite prospective : recentrage sur l’ecclésiologie baptismale, reconnaissance du sensus fidei, promotion du diaconat féminin et articulation entre synodalité et témoignage dans le contexte pluraliste du Proche-Orient.
