Résumé
L’étude de la liturgie syriaque et des familles de saints libanais met en lumière l’influence spirituelle profonde de l’Église maronite sur la vie familiale, au point de suggérer une réorientation des objectifs pastoraux vers la construction de « paroisses de familles sacrées ». Elle montre l’union organique entre l’Église maronite et les familles villageoises, imprégnées par la spiritualité ascétique des ermites, où la prière, le jeûne, le sacrifice, la lecture de la Bible et les vertus chrétiennes structurent le quotidien. Cet héritage, remontant aux premiers chrétiens d’Antioche, a permis une transmission continue des valeurs chrétiennes, l’ascèse n’étant pas réservée aux seuls consacrés. La réussite des vocations de saints apparaît ainsi comme le fruit de la fusion entre famille et paroisse. Face à la culture contemporaine de la confusion et de l’individualisme, la liturgie maronite éduque les couples à une théologie de l’amour et de la joie, renforçant le sens des responsabilités et du partage. Inspirée par la Sainte Famille de Nazareth, la famille maronite, unie à l’Église-mère, devient lieu de sanctification où l’homme est renouvelé comme temple de l’Esprit Saint, et où les mères sages enfantent les saints.
