Résumé
Cet article analyse les stratégies esthétiques et narratives de déplacement du politique, du mythe et du discours scientifique dans le cinéma expérimental soviétique et post-soviétique de la fin des années 1970 aux années 1990. En s’appuyant sur les films d’Evgeni Yufit, de Sergueï Ovtcharov et des frères Aleïnikov, l’étude examine les formes de défamiliarisation (ostranenie), de fragmentation du récit et de pseudo-scientificité comme modes d’évitement du politique dans les pratiques quotidiennes et les formes cinématographiques. Une attention particulière est accordée au nécro-réalisme et à la sexualisation du texte et de l’image, ainsi qu’à la transformation du mythe soviétique en une structure absurde, répétitive et close sur elle-même. Le cinéma analysé apparaît ainsi comme un espace de déstabilisation des régimes de sens, où le mythe, la science et l’idéologie se recomposent sous des formes esthétiques marginales et non oppositionnelles.
