Figures historiques et patrimoine culturel à Jezzine : Dynamiques de reconnaissance et d’oubli

Mots-clés

Liban
Jezzine
Patrimonialisation
Figures historiques
Lieux de mémoire

Comment citer

ANDRAOS, M.-C., MANSOUR, C., & BUCCIANTI-BARAKAT, L. (2026). Figures historiques et patrimoine culturel à Jezzine : Dynamiques de reconnaissance et d’oubli. InteraXXIons, (5). Consulté à l’adresse https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1582

Résumé

Dans les sociétés marquées par les conflits et les crises, la mémoire collective constitue un enjeu central pour la reconstruction identitaire. Au Liban, l'absence d'un récit unifié après la guerre laisse place à des mémoires locales, souvent incarnées par des figures historiques dont le souvenir se perpétue ou disparaît à travers des lieux de mémoire. Cette communication interroge le rôle de ces figures et de leurs lieux d'origine, associés dans la fabrique d'une mémoire collective en milieu rural, à travers la comparaison de trois personnalités majeures de la région de Jezzine : le Patriarche maronite Boulos Boutros Meouchi et les politiciens Suleiman et Maroun Bey Kanaan. L'objectif de cette recherche est de comprendre pourquoi et comment certaines figures historiques deviennent pour les habitants des références mémorielles majeures, tandis que d'autres tombent dans l'oubli ; et comment les lieux qui leur sont rattachés participent à ce processus. Il s'agit d'examiner comment la patrimonialisation ou la non-patrimonialisation de ces figures et de leurs espaces de vie reflètent les dynamiques actuelles de sélection, d'effacement ou de valorisation de la mémoire locale dans un contexte de crise prolongée. L'approche adoptée combine une analyse archivistique et des entretiens semi-directifs menés avec les acteurs locaux, afin de recueillir des récits personnels et communautaires sur ces trois figures et leurs lieux de mémoire. Parallèlement, une observation de terrain a été menée pour inventorier ces lieux, évaluer leur état actuel et leur signification symbolique. Cette méthodologie permet ainsi d'observer comment la mémoire collective s'inscrit matériellement dans l'espace et évolue sous la pression de facteurs sociaux, économiques et politiques.