Regards https://journals.usj.edu.lb/regards <p style="text-align: justify;">La revue <em>Regards</em> est une revue pluridisciplinaire publiée par l’Institut d’Etudes Scéniques, Audiovisuelles et Cinématographiques (IESAV). Elle parait semestriellement</p> fr-FR regards@usj.edu.lb (Elie Yazbek) toufic.elkhoury@usj.edu.lb (Toufic El Khoury) lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 OJS 3.1.2.0 http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss 60 Remerciements https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1607 <p><strong>Remerciements</strong><br>L'équipe de Regards voudrait remercier les membres du comité de lecture qui ont contribué à ce numéro : Corinne Maury, Anaïs Farine,&nbsp; Marguerite Vappereau, Didier Coureau, Raphaël Jaudon, Barnabé Sauvage, Olga Kobryn, Joseph Korkmaz, Ghada El Hashem.<br><br><strong>© Photogramme</strong> issu du film With Hasan in Gaza de Kamal Aljafari (2025).<br><br></p> L'équipe de « Regards » Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1607 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 Introduction – Carnets filmiques, carnets sonores : des essais intimes et collectifs https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1592 <p>Le sens à attribuer à la notion de carnet filmique ou de carnet sonore suscite quelque indécision, en raison du caractère composite et mouvant des cas envisagés. L’enjeu principal ne paraît ainsi pas ici celui d’une définition serrée d’un objet, mais plutôt une attention accordée à des tentatives de réalisation. De surcroît, si la forme-carnet permet à peu près tout, elle n’interdit donc véritablement rien : l’esquisse, le brouillon, l’approximation, voire l’échec et l’interruption.<br>[...]</p> Robert BONAMY, Aude FOUREL, Eve LE FESSANT COUSSONNEAU Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1592 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 « Voi(e)x de l’exil, formes de la pensée » : le cinéma-essai de Borhane Alaouié » https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1593 <p>Cet article propose une étude approfondie du cinéma de Borhane Alaouié, figure majeure du cinéma libanais moderne, en l’inscrivant dans la tradition du film-essai. À travers l’analyse de <em data-start="780" data-end="806">Lettre d’un temps d’exil</em>, <em data-start="808" data-end="830">À toi où que tu sois</em> et <em data-start="834" data-end="843">Khallas</em>, il explore comment l’exil, la mémoire blessée et la pensée fragmentaire structurent l’esthétique et l’éthique du cinéaste. L’exil y est envisagé non seulement comme une condition géopolitique, mais comme un état intérieur, une forme de doute permanent qui façonne les voix, les récits et les images. L’étude met en lumière l’importance de la voix off, du fragment, du montage-mémoire et de l’adresse épistolaire, tout en situant l’œuvre d’Alaouié dans un dialogue avec d’autres cinéastes libanais, arabes et internationaux. Une attention particulière est accordée à la présence discrète mais fondamentale de la Palestine comme mémoire partagée. L’ensemble montre un cinéma où penser, témoigner et résister s’entrelacent.</p> Elie YAZBEK, Farah ALHASHEM Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1593 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 The personal is collective: Egyptian first-person – Documentary cinema as post-revolution diary https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1594 <p>La révolution égyptienne de 2011 constitue une étape charnière dans la reconfiguration de l’individualité, de l’autonomie et des formes d’expression de soi au sein de la société égyptienne. En remettant en cause des cadres collectivistes profondément ancrés, ce moment a initié de nouveaux espaces d’agentivité individuelle et de réflexion subjective. Cet article examine la manière dont ces transformations s’articulent avec l’essor du cinéma documentaire à la première personne, envisagé comme un médium privilégié de l’expression des subjectivités postrévolutionnaires en Égypte.<br data-start="1023" data-end="1026">En se concentrant sur <em data-start="1048" data-end="1070">The Past Will Return</em> (2015) de Dina Hamza, <em data-start="1093" data-end="1113">Happily Ever After</em> (2016) de Nada Riyadh et Ayman El Amir, ainsi que <em data-start="1164" data-end="1179">Little Eagles</em> (2016) de Mohamed Rashad, l’article analyse la manière dont les cinéastes négocient les tensions entre désirs personnels, pressions familiales et appartenances collectives dans l’après-2011. À partir d’analyses textuelles et formelles rapprochées, il interroge les notions d’autonomie, d’agentivité et la place de l’individu face au collectif dans le cinéma documentaire à la première personne postrévolutionnaire. L’article soutient que ce genre cinématographique ne se contente pas de refléter les transformations postrévolutionnaires, mais participe activement à la reconfiguration des subjectivités en instituant l’expérience personnelle et l’autoréflexivité comme modes politiques et esthétiques pleinement légitimes.</p> Eman ELHARMEEL Copyright (c) 2026 Regards https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1594 ven., 27 févr. 2026 21:55:13 +0000 Du journal de deuil à l’œuvre de sépulture : « Lo » (Thanassis Vassiliou, 2021-2025) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1595 <p>Après la mort de sa mère en 2017, Thanassis Vassiliou retourne en Grèce et se met à filmer les démarches qui balisent le deuil. Le geste d’enregistrement, instinctif, vise aussi bien à apprivoiser l’absence désormais définitive dans les lieux autrefois habités et encore peuplés de souvenirs qu’à documenter ses propres réactions, tenter de les conserver à défaut de les comprendre entièrement et ménager peut-être, ultérieurement, la possibilité d’un autre regard, selon la dynamique qu’Antoine Compagnon a bien analysée comme paradoxale à propos du <em data-start="958" data-end="976">Journal de deuil</em> barthésien : « deuil et récit sont antinomiques, mais […] seul le récit […] est capable de dire l’expérience du deuil, le paradoxe étant levé si l’on veut bien prendre en compte la double acception du mot deuil, comme perpétuation d’un état de chagrin, immuable et indialectique, et comme processus actif de sortie de cet état. » Au-delà du réflexe de capter des images avec la quasi-immédiateté que permet le smartphone, la difficulté de trouver la forme adéquate à donner à ces fragments s’est ensuite posée avec d’autant plus d’acuité qu’elle engageait aussi bien la gestation de l’œuvre que la traversée du chagrin. En retraçant la génétique du film <em data-start="1631" data-end="1635">Lo</em>, l’article entend analyser les interactions entre, d’une part, un cheminement créatif qui, à partir d’une angoisse filiale ravivée par la mort de la mère, a eu besoin d’un co-scénariste pour réussir à configurer l’initial carnet filmique et, d’autre part, le passage d’un journal de deuil à ce que Pierre Fédida a nommé « l’œuvre de sépulture », soit « cette préparation, après la mort, du lieu qui rendra possible la communication entre les vivants et les morts. »</p> Marie MARTIN Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1595 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 Triste souvenir et sombre avenir, « Lettre à ma sœur » (2006) de Habiba Djahnine https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1596 <p>Cet article examine la manière dont <em>Lettre à ma sœur</em> (2006), que la réalisatrice et poétesse Habiba Djahnine consacre à sa sœur Nabila, militante démocratique et féministe, assassinée par les terroristes islamistes à Tizi Ouzou en 1995, revient sur la situation des victimes directes et indirectes de la décennie noire algérienne des années 1990 et une politique religieuse et d’État répressive à l’égard des femmes. Il met en œuvre une construction narrative située entre plusieurs genres filmiques – film-lettre, film-voyage, film-poème et film-archive – nous donnant à voir des situations faites de partage du souvenir et de la douleur, et la nécessaire perpétuation d’un combat plus que jamais d’actualité.</p> Boualem KHELIFATI Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1596 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 Beyrouth 1978-1982 : le fonds photographique de Monica Maurer – Une collection contre l’oubli et la destruction https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1597 <p>C’est en cherchant des rushes non utilisés de films sur la lutte palestinienne pour la réalisation d’un essai documentaire que j’ai découvert la filmographie de la réalisatrice allemande Monica Maurer et son travail de restauration et de conservation de films palestiniens. Depuis quatre ans, nous travaillons ensemble à numériser et cataloguer les photographies et les documents qu’elle conserve encore chez elle.<br data-start="572" data-end="575">Je reviens sur les chemins qu’a ouverts l’écriture d’un film en devenir, sur la mise en forme de la collection photographique de Monica Maurer et sur les premières perspectives d’études visuelles et historiques de cette matière dans le contexte particulier de la dispersion des archives palestiniennes.</p> Aude FOUREL Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1597 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 Sonorisation de l’anarchive ou la Palestine comme projet politique – À l’écoute de « A Fidai Film » de Kamal Aljafari et de « Partition » de Diana Allan https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1598 <p><em>A Fidai Film</em> de Kamal Aljafari travaille à partir des archives palestiniennes confisquées par Israël en 1982 à Beyrouth. Diana Allan élabore Partition avec des archives de la Palestine mandataire conservées au Musée impérial de la guerre à Londres. Le carnet filmique désigne non seulement un type de montage fragmentaire, mais il permet aussi de revenir sur les rapports entre son et image, proposant ainsi un exercice de remémoration au présent. En sonorisant les images, les deux cinéastes mettent en œuvre un questionnement sur les contradictions inhérentes à l’archive, leur effacement ou leur résistance aux discours d’autorité ou de propagande. Ainsi, sous couvert d’une anthropologie sensorielle et sonore pour Diana Allan ou d’une écologie acoustique pour Kamal Aljafari, ces deux films nous permettent de projeter des paysages sonores d’une Palestine en devenir, comme une promesse en mesure de déjouer la logique génocidaire qui meurtrit ce territoire depuis 75 ans.</p> Judith ABENSOUR Copyright (c) 2026 Regards https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1598 dim., 01 mars 2026 19:57:48 +0000 « From Ground Zero » et « Letters » : carnets polyphoniques en quête d’intersubjectivité https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1599 <p>Les deux films polyphoniques <em data-start="162" data-end="180">From Ground Zero</em> (2025, produit par Rashid Masharawi) et <em data-start="221" data-end="230">Letters</em> (2025, produit par Josef Khallouf) rassemblent, en réponse à la guerre à Gaza, des courts-métrages singuliers, lettres et chroniques, qui nous adressent des questions collectives. Comment ces films prennent-ils en charge l’urgente nécessité de problématiser esthétiquement et politiquement l’articulation entre subjectivité et collectif ? Depuis l’enclave palestinienne ou le Liban voisin, ils cherchent des singularités irréductibles et des mises en relation intersubjectives face à l’horreur du génocide. Pris dans une complexe conjugaison des lieux et des temps, leur adresse à notre regard spectatoriel nous révèle ainsi les limites de l’empathie.</p> Eve LE FESSANT COUSSONNEAU Copyright (c) 2026 Regards https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1599 dim., 01 mars 2026 20:45:21 +0000 Videotracts for Palestine : Images et contre-images https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1600 <p>Cet article analyse le geste politique et esthétique de <em data-start="241" data-end="268">Videotracts for Palestine</em>, collectif né sur Instagram en novembre 2023 dans le contexte de l’offensive israélienne à Gaza. Héritiers des ciné-tracts de 1968 et plus largement du cinéma militant international, ces très courts films anonymes mobilisent aussi les outils numériques contemporains et produisent ce que l’on pourrait appeler une contre-visualité de résistance. L’étude met en évidence la manière dont le collectif s’inscrit dans une tradition d’images comme armes de lutte tout en inventant ses propres formes, façonnées par la circulation massive permise par Internet et les réseaux sociaux. Les vidéotracts déconstruisent les représentations hégémoniques tout en réinscrivant des fragments de réalité palestinienne absents de l’espace médiatique dominant. Le montage y occupe une place centrale : il devient un geste heuristique de mise en relation, un mode d’engagement affectif (pathos, attraction) et un vecteur possible d’action et d’éthique. Ces films se définissent par une esthétique hétérogène – entre ironie grinçante, poéticité, rage et onirisme – mais convergent vers une même finalité : faire image là où ne circulent que des visuels clos, ouvrir ainsi un espace de visibilité, de reconnaissance et de lutte.</p> Lola MAUPAS Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1600 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 Des sons pour l’histoire. Correspondance avec Mohammed Yaghi https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1601 <p>Mohammed Yaghi est né en 1992 et s’est formé aux métiers du son à Gaza. Il a travaillé à la télévision de l’UNRWA et collaboré avec des maisons de productions palestiniennes et internationales de films documentaires. Ces enregistrements sonores pour les besoins de films, de programmes éducatifs ou d’interviews ont été une première étape du journal sonore qu’il continue d’enrichir jour après jour.&nbsp;<br>[...]</p> Aude FOUREL Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1601 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 Carnets de bord. Tables d’orientation « Tariq Teguia » https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1602 <p>Cet entretien de Pascale Cassagnau avec Tariq Teguia met en perspective les carnets de travail du cinéaste algérien qui constituent à la fois des objets autonomes et des documents de travail, s’articulant au travail même du film. Support pour la pensée, le carnet est un espace de langage, une partition et un espace cartographique qui donne forme à l’écriture du film sur un mode graphique. Espace discursif parallèle à l’espace d’écriture du scénario, le carnet accompagne l’élaboration du film dès ses prémices, recueillant sans chronologie l’écriture de la pensée.</p> Pascale CASSAGNAU, Tariq TEGUIA Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1602 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 Le vent du Sud, « La nuit et l’enfant » – Récit d’une vidéo-correspondance avec Zoheir Mefti https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1603 <p>Entre 2011 et 2012, Zoheir Mefti et David Yon ont entretenu une correspondance autour de la réalisation filmique. A travers leurs échanges, ils questionnent la nécessité de l’image. Zoheir Mefti travaille un geste filmique de l’urgence, tandis que David Yon prépare un film en Algérie dans un temps plus long. Après les mots, ils partagent des images et des sons, tels des carnets filmiques, dans lesquels ils donnent leurs positions et interrogent les liens entre la vie et le cinéma.</p> David YON Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1603 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000 Des arbres comme des lignes de vie – Pascale Cassagnau et Suhaib Gasmelbari en conversation https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1604 <p>Dans le cadre d’une journée d’études organisée en septembre 2025 à l’Université Grenoble Alpes en partenariat avec le Centre National des Arts Plastiques et intitulée « La perte des images : récits de recherches et créations », Pascale Cassagnau et Suhaib Gasmelbari se sont entretenus autour de son film <em data-start="438" data-end="459">Talking about Trees</em> (2019), à propos des sources du film et de sa construction, de l’histoire du cinéma soudanais qu’il expose à l’intérieur même de l’espace filmique, des métaphores de l’arbre et du végétal comme lignes de vie et comme archive vivante, au moment où les images ont disparu.</p> Pascale CASSAGNAU, Suhaib GASMELBARI Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/regards/article/view/1604 lun., 02 mars 2026 00:00:00 +0000