https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/issue/feed InteraXXIons 2026-07-31T17:09:34+00:00 Karl AKIKI karl.akiki@usj.edu.lb Open Journal Systems <p>La revue <em>InteraXXIons</em> est une revue à comités (éditorial, scientifique, lecture) publiée par les départements de la Faculté des lettres et des sciences humaines (FLSH). Revue pluridisciplinaire, elle paraît semestriellement.</p> https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1670 Préface 2026-07-31T16:01:21+00:00 Guillaume DREIDEMIE redactioninteraxxions@usj.edu.lb <p>Le sixième numéro de la revue pluridisciplinaire <em data-start="49" data-end="63">Intera<strong>XXI</strong>ons</em> de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth consacre sa réflexion à une notion aussi ancienne qu’actuelle, aussi insaisissable que centrale dans l’histoire de la pensée humaine : l’irrationnel. Ce choix thématique ne relève ni d’un effet de mode intellectuel ni d’une fascination romantique pour l’obscurité. Il répond à une nécessité théorique, anthropologique et historique.<br>[...]</p> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1671 L'origine irrationnelle de la raison : une interprétation de « Cogito et histoire de la folie » de Jacques Derrida 2026-07-31T16:11:59+00:00 Jordan WILLOCQ redacteur.horizons.fsr@usj.edu.lb <p>En partant de l’hypothèse que la crise écologique mondiale que nous traversons est une crise de la rationalité elle-même et non simplement l’effet de politiques irrationnelles, nous avançons que cette crise exige que nous parvenions à penser l’origine irrationnelle de la raison. En effet, en distinguant raison et rationalité, l’une étant une capacité humaine, l’autre la dialectique par laquelle cette capacité déploie sa pleine puissance en s’extériorisant comme histoire, on peut préciser que la rationalité donne lieu à un paradoxe : elle décuple ses propres effets, notamment techniques, dans le geste même par lequel elle tente de les limiter. Selon ce paradoxe, que nous appelons le paradoxe de l’<em>hubris</em> de la rationalité, celle-ci ne peut pas véritablement se limiter elle-même. La rationalité est alors l’illimitation de la raison. Or, s’il n’était pas absolument nécessaire que la raison apparaisse, si du moins cette nécessité ne peut être simplement ni totalement rationnelle, c’est-à-dire comprise, reproduite et posée par la rationalité elle-même comme un moment de son histoire, alors il faut bien penser que son surgissement même relève de l’irrationnel. Pour entrevoir une limite à l’<em>hubris</em> de la rationalité, il nous faudrait parvenir à présenter l’irrationalité de son origine sur terre. Mais cela n’est pas évident, car cette origine, il s’agit encore de la penser, et donc de l’aborder par la raison. Comment est-il donc possible, dans l’ordre de la rationalité, d’accéder à l’irrationalité de son origine, c’est-à-dire à la contingence d’un événement qui instaure la nécessité rationnelle et historique ? Nous pensons que l’œuvre de Jacques Derrida, notamment là où elle mobilise le thème de la folie, nous permet d’élaborer une réponse à ces questions. Il est d’ailleurs signifiant que ce thème apparaisse pour la première fois dans une lecture de Descartes, qui est comme on sait le symbole de la rationalité occidentale moderne et de l’« ontologie naturaliste » qui la porte. Ainsi, en proposant une interprétation de « Cogito et histoire de la folie » qui ne se limite pas à la célèbre « querelle cartésienne » entre Foucault et Derrida, notre volonté est double : nous souhaitons commencer à reconstituer le trajet de ce thème dans l’œuvre de Derrida, tout en faisant apparaître la possible actualité de cette œuvre.</p> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1672 Airs de famille entre le délire et la raison : Spinoza, Kant, Freud et Don Quichotte 2026-07-31T16:21:19+00:00 Anastasia KLUG redacteur.horizons.fsr@usj.edu.lb <p>Si le délire semble s’opposer à la raison, il en prend les apparences en construisant une logique qui lui est propre. D’un point de vue psychanalytique, le délire, qui invente une réalité autre, est le résultat d’une tension entre principe de plaisir et principe de réalité. Paradoxalement, si la psychanalyse permet de penser la folie, c’est parce qu’elle part d’un présupposé rationaliste. Raison et folie ne s’opposent pas toujours, et fonctionnent plutôt comme un couple où l’un adopte les traits de l’autre. Ainsi, le délire, celui de <em data-start="540" data-end="555">Don Quichotte</em> par exemple, suit une certaine logique qui s’enracine dans le principe de plaisir du sujet délirant. D’autre part, la raison, lorsqu’elle ne respecte pas les limites imposées par la réalité, peut entrer dans une motion délirante. Du moins est-ce l’interprétation que nous proposons ici de ce que Kant appelle les Idées de la raison pure. Nous discuterons l’intrication entre raison et délire en nous appuyant sur Spinoza, Freud, Lacan et la <em data-start="997" data-end="1025">Critique de la raison pure</em> de Kant.</p> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1673 Leibniz, la divine exactitude 2026-07-31T16:29:54+00:00 Romain DEBLUË redacteur.horizons.fsr@usj.edu.lb <p>L’article met en lumière un paradoxe central de la pensée de Leibniz : bien qu’il soit le philosophe du principe de raison suffisante, sa démarche n’est pas systématique mais fragmentaire et « narrative ». Cette tension se retrouve dans sa conception de l’irrationalité, comprise non comme ontologique mais comme liée à la finitude humaine et à l’infinité repliée de chaque monade. À partir de la critique de la physique cartésienne, Leibniz élabore une métaphysique de la force et de la substance simple, où chaque monade, unité active et indivisible, exprime la totalité de l’univers selon un point de vue singulier. L’exactitude divine désigne ainsi une rationalité totale et achevée en Dieu, que l’esprit humain ne peut qu’approcher asymptotiquement par une analyse infinie.</p> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1674 Par-delà l’irrationnel et le rationnel : penser le social à partir du concept d’imaginaire chez Cornelius Castoriadis 2026-07-31T16:39:31+00:00 Jonathan DAUDEY redacteur.horizons.fsr@usj.edu.lb <p>À partir de la pensée de Cornelius Castoriadis selon laquelle les sociétés ne reposent pas uniquement sur des besoins naturels, des structures rationnelles ou des fonctions économiques, mais sur des « significations imaginaires sociales » produites par la société elle-même, une critique de la notion d’irrationnel est possible. L’imaginaire n’est pas une simple illusion ou un phénomène psychique individuel, mais une force collective qui structure les institutions, les valeurs et les formes de vie sociale. Castoriadis critique les approches structuralistes et rationalistes (Lacan, Lévi-Strauss) qui réduisent la société à des systèmes symboliques ou fonctionnels. Il montre que les sciences sociales du XXe siècle ont progressivement reconnu l’importance des imaginaires sociaux, comme on le voit chez Benedict Anderson, Florence Giust-Desprairies ou Marshall Sahlins. Il s’agira de montrer que la notion d’imaginaire est centrale pour comprendre le social au-delà de l’utilité et de la rationalité, et que les concepts castoriadiens d’« imaginaire social », de « significations imaginaires sociales » et de « magma » offrent une base épistémologique décisive pour repenser les sciences sociales et la société elle-même, en s’économisant le passage souvent confus par la notion d’irrationnel.</p> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1675 L’irrationnel comme forme : dimensions poétiques et herméneutiques chez Bernanos 2026-07-31T16:45:40+00:00 Léna HOBEIKA redacteur.horizons.fsr@usj.edu.lb <p>Cet article interroge le statut de l’irrationnel dans l’œuvre romanesque de Georges Bernanos en proposant un déplacement critique par rapport aux lectures traditionnelles, majoritairement centrées sur ses dimensions théologiques, spirituelles ou symboliques. L’étude défend l’hypothèse selon laquelle l’irrationnel ne constitue pas chez Bernanos un simple motif thématique ni une catégorie interprétative, mais un principe poétique et herméneutique structurant, qui traverse simultanément la configuration du réel, la construction des figures romanesques et les modalités de lecture. S’inscrivant dans une perspective croisant philosophie, poétique et narratologie, l’analyse articule plusieurs régimes de pensée de l’irrationnel (Kant, Nietzsche, Freud, Weber, Otto), afin de montrer que l’œuvre bernanosienne dépasse l’opposition classique entre raison et non-raison pour instaurer une logique de l’excès, de l’indécidable et de la déstabilisation du sens. L’étude met en évidence trois configurations majeures : l’irrationnel comme excès du réel dans l’expérience de la grâce, le mal comme altérité irréductible de nature « numineuse », et la poétique de l’indécidable qui structure les récits en suspendant toute clôture interprétative. L’analyse narratologique et stylistique révèle ensuite que cette logique atteint son point d’accomplissement dans l’écriture elle-même, marquée par la fragmentation, les silences, les discontinuités syntaxiques et les stratégies d’ellipse, qui produisent une instabilité herméneutique. L’irrationnel n’est ainsi pas représenté dans le texte : il est produit par ses formes et ses dispositifs d’énonciation. En reconfigurant la lecture de Bernanos, cet article propose une conception de l’irrationnel comme expérience textuelle et opérateur formel de l’écriture moderne, ouvrant ainsi une perspective renouvelée sur les rapports entre littérature, pensée philosophique et crise des régimes classiques de rationalité.</p> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1676 « Phantasia » d’Abdelwahab Meddeb : l’irrationnel comme traversée poétique 2026-07-31T16:51:56+00:00 Saber RADDAOUI redacteur.horizons.fsr@usj.edu.lb <p>This article examines the manifestations of the irrational as a structuring <br>principle in Abdelwahab Meddeb’s Phantasia. Through fragmented writing <br>and a decentered syntax, Meddeb subverts Cartesian rationality to explore <br>the “imaginal world” and Sufi mysticism. This study demonstrates that such <br>linguistic and temporal nomadism allows for the transcendence of postcolonial <br>dualisms. Furthermore, it frames the scriptural act as an experience of “visionary <br>insight”, thereby rehabilitating the subject’s opacity and its radical alterity.</p> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1677 La présence vive de l’irrationnel dans le roman de science-fiction « Les Furtifs » d’Alain Damasio 2026-07-31T16:59:40+00:00 Julie CROHAS COMMANS redacteur.horizons.fsr@usj.edu.lb <div class="qMYqUG_convSearchResultHighlightRoot"> <div class="" data-turn-id-container="request-695f566a-b3e8-8328-9c3f-9b738cd3686b-30" data-is-intersecting="true"> <section class="text-token-text-primary w-full focus:outline-none has-data-writing-block:pointer-events-none [&amp;:has([data-writing-block])&gt;*]:pointer-events-auto R6Vx5W_threadScrollVars scroll-mb-[calc(var(--scroll-root-safe-area-inset-bottom,0px)+var(--thread-response-height))] scroll-mt-[calc(var(--header-height)+min(200px,max(70px,20svh)))]" dir="auto" data-turn-id="request-695f566a-b3e8-8328-9c3f-9b738cd3686b-30" data-turn-id-container="request-695f566a-b3e8-8328-9c3f-9b738cd3686b-30" data-testid="conversation-turn-934" data-turn="assistant"> <div class="text-base my-auto mx-auto pb-8 [--thread-content-margin:var(--thread-content-margin-xs,calc(var(--spacing)*4))] @w-sm/main:[--thread-content-margin:var(--thread-content-margin-sm,calc(var(--spacing)*6))] @w-lg/main:[--thread-content-margin:var(--thread-content-margin-lg,calc(var(--spacing)*16))] px-(--thread-content-margin)"> <div class="[--thread-content-max-width:40rem] @w-lg/main:[--thread-content-max-width:48rem] mx-auto max-w-(--thread-content-max-width) flex-1 group/turn-messages focus-visible:outline-hidden relative flex w-full min-w-0 flex-col agent-turn" data-conversation-screenshot-content=""> <div class="flex max-w-full flex-col gap-4 grow"> <div class="min-h-8 text-message relative flex w-full flex-col items-end gap-2 text-start break-words whitespace-normal outline-none keyboard-focused:focus-ring [.text-message+&amp;]:mt-1" dir="auto" tabindex="0" data-message-author-role="assistant" data-message-id="77f84518-b40d-4b5d-b47c-2f100fd66b07" data-message-model-slug="gpt-5-5" data-turn-start-message="true"> <div class="flex w-full flex-col gap-1 empty:hidden"> <div class="markdown prose dark:prose-invert wrap-break-word w-full light markdown-new-styling"> <p class="PDq2pG_selectionAnchorContainer" data-start="0" data-end="932" data-is-last-node="" data-is-only-node="">Jouant des outils de la science-fiction dystopique par l’accès qu’elle donne à l’irrationnel, tout en préservant la proximité qu’elle permet avec le lecteur, Alain Damasio poursuit dans <em data-start="186" data-end="199">Les Furtifs</em> (2019) l’élaboration d’une définition du vivant débutée dès ses premiers écrits. Notre condition humaine y est interrogée par l’intermédiaire d’une narration polyphonique mouvante, où typographie et création langagière s’adaptent continuellement à la présence furtive, celle de cet être hybride, personnage éponyme du roman, dont l’existence échappe à l’entendement et qui propose de reconsidérer, au prisme de l’altérité, notre propre pluralité. Cette approche permet au lecteur de se libérer des limites de la raison et d’envisager une présence vive qui demande une adaptation de notre compréhension du monde, afin d’accéder à une réalité plus complexe, telle qu’elle est illustrée dans le roman par une poétique de l’irrationnel.</p> </div> </div> </div> </div> </div> </div> </section> </div> </div> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1678 Confusion surréaliste et visualité décalée. L’école cinématographique de Léningrad 2026-07-31T17:05:02+00:00 Karina KARAEVA redacteur.horizons.fsr@usj.edu.lb <p>Cet article analyse les stratégies esthétiques et narratives de déplacement du politique, du mythe et du discours scientifique dans le cinéma expérimental soviétique et post-soviétique de la fin des années 1970 aux années 1990. En s’appuyant sur les films d’Evgeni Yufit, de Sergueï Ovtcharov et des frères Aleïnikov, l’étude examine les formes de défamiliarisation (<em data-start="367" data-end="379">ostranenie</em>), de fragmentation du récit et de pseudo-scientificité comme modes d’évitement du politique dans les pratiques quotidiennes et les formes cinématographiques. Une attention particulière est accordée au nécro-réalisme et à la sexualisation du texte et de l’image, ainsi qu’à la transformation du mythe soviétique en une structure absurde, répétitive et close sur elle-même. Le cinéma analysé apparaît ainsi comme un espace de déstabilisation des régimes de sens, où le mythe, la science et l’idéologie se recomposent sous des formes esthétiques marginales et non oppositionnelles.</p> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c) https://journals.usj.edu.lb/interaxxions/article/view/1679 Nos irrationnels sauvages. Jusqu’où le cinéma s’altère et délire-t-il ? 2026-07-31T17:09:34+00:00 Valentin DEBATISSE redacteur.horizons.fsr@usj.edu.lb <p>Notre travail se propose de rompre avec l’idée ordinaire que l’irrationnel au cinéma est ce dehors étranger à la rationalité. Au contraire, il s’agit de montrer qu’il est toujours au cœur du plan et qu’il met en jeu le rapport du champ et de l’hors-champ autant qu’il met en crise la visibilité. L’irrationnel au cinéma est donc trouble de l’image et condition de l’image. L’irrationnel est donc à la fois 1) ce qui se trouve figuré à l’image, 2) l’énergie qui l’anime et 3) sa condition de possibilité.</p> 2026-06-15T00:00:00+00:00 Copyright (c)